Jusqu'à récemment, un même bâtiment portait autant de désignations que d'administrations : une référence cadastrale, une adresse, un numéro de logement fiscal, une parcelle. Le Référentiel National des Bâtiments (RNB) vise à résoudre ce problème en attribuant à chaque bâtiment un identifiant unique et partagé. Pour un professionnel du bâtiment qui manipule des listes de bâtiments issues de sources différentes, c'est la brique qui permet de rattacher les données entre elles.

Photo d’illustration — Jan van der Wolf via Pexels
Ce qu'est le RNB
Le RNB est un référentiel public : il recense les bâtiments du territoire et leur associe un identifiant stable, appelé identifiant RNB. Il est porté par des acteurs publics — l'IGN, le CSTB et la direction générale de l'aménagement, du logement et de la nature — et s'appuie sur le cadastre et sur la Base Adresse Nationale.
Référentiel National des Bâtiments. Il fournit un identifiant unique par bâtiment, son emprise géométrique, son état et son usage lorsqu'ils sont renseignés.
Un identifiant, pas une fiche technique
La distinction est importante : le RNB dit « ceci est un bâtiment, voici son identifiant et son contour ». Il ne dit pas quel est l'état de la couverture, ni si le logement est vacant, ni quels travaux ont été réalisés. C'est une clé de jointure, pas une base de diagnostic.
Les données disponibles
Identifiant et géométrie
Chaque bâtiment possède un identifiant alphanumérique, une géométrie d'emprise — polygonale pour un bâtiment avec surface au sol, ou ponctuelle dans certains cas — et une position utilisable sur une carte. Cette géométrie permet de rattacher un bâtiment à une parcelle cadastrale et à une adresse normalisée.
État et usage
Le référentiel porte une information d'état : le bâtiment existe-t-il, est-il en projet, en construction, ou a-t-il été démoli ? Il porte également un usage lorsqu'il est renseigné, par exemple résidentiel, commercial ou agricole, éventuellement accompagné de précisions. Ces champs sont précieux pour filtrer une liste avant exploitation.
Un accès par API
Le RNB est accessible par une API documentée. Une requête doit désigner un périmètre : une emprise géographique, un code de commune ou une adresse interopérable issue de la Base Adresse Nationale. Une interrogation sans filtre de périmètre est refusée par le service, ce qui incite à travailler par lots de territoire plutôt qu'à aspirer la base entière.
| Information | Disponible dans le RNB | Usage professionnel typique |
|---|---|---|
| Identifiant de bâtiment | Oui, pour chaque entité | Joindre plusieurs sources de données entre elles |
| Emprise géométrique | Oui | Rattacher le bâti à une parcelle et à une adresse |
| État (existant, projet, démoli) | Oui, lorsqu'il est renseigné | Écarter les bâtiments disparus ou non construits |
| Usage principal | Variable selon les bâtiments | Filtrer par nature de bâti |
| Année de construction | Non portée comme attribut propre | À rechercher dans d'autres sources |
| État sanitaire ou énergétique | Non | Relève du diagnostic, pas du référentiel |
Pourquoi c'est utile dans une chaîne de prospection
Joindre des sources hétérogènes
Les autorisations d'urbanisme, les diagnostics énergétiques, les bases d'entreprises et le cadastre n'utilisent pas les mêmes identifiants. Le RNB joue le rôle de pivot : on y rattache une adresse, une parcelle, un diagnostic, puis on travaille sur un objet unique.
Éviter les doublons
Sans identifiant partagé, un même bâtiment apparaît plusieurs fois : une adresse avec une variante d'écriture, une parcelle voisine, un diagnostic saisi avec une autre référence. Un identifiant stable permet de dédupliquer, ce qui change radicalement la qualité d'une liste d'actions commerciales.
Suivre des évolutions dans le temps
Le caractère stable de l'identifiant autorise la comparaison entre deux millésimes du référentiel : apparition de nouveaux bâtiments, disparition d'autres, changement d'état. C'est une manière de détecter des mouvements sans dépendre d'une source commerciale.
Les limites actuelles
- Complétude imparfaite. Tous les bâtiments ne sont pas encore présents, et certains contours restent approximatifs ou provisoires, notamment dans les zones denses ou complexes.
- Attributs limités. Le référentiel ne porte pas toute la connaissance utile au bâtiment : année de construction, matériaux, nombre de logements ou état d'entretien relèvent d'autres sources, quand ils existent.
- Renseignements inégaux. État et usage peuvent être absents selon les territoires et les millésimes. Comme toujours avec les données publiques, l'absence d'information n'est pas une information.
- Un référentiel qui évolue. Le projet est en évolution continue et s'ouvre à l'édition collaborative. Les données doivent être relues régulièrement et non considérées comme figées.
- Nature de la donnée. Les identifiants, emprises et usages proviennent de la source officielle. Tout regroupement de bâtiments, toute segmentation ou tout score produit par un outil sont des données calculées.
SITADEL, DPE, BAN : comment le RNB s'articule avec le reste
Le schéma est simple : la BAN normalise les adresses et fournit le code de commune ; le RNB identifie le bâtiment ; SITADEL apporte les autorisations d'urbanisme ; les données DPE apportent la performance énergétique. Aucune de ces sources n'est suffisante seule, et le RNB est le point de jonction.
Cette articulation est ce que met en œuvre le radar de chantiers : normaliser, identifier, croiser, puis produire une liste exploitable. La page fonctionnalités détaille le périmètre exact de ce qui est calculé à partir de ces sources.
Qu'est-ce que l'identifiant RNB ?
Un identifiant alphanumérique stable attribué à un bâtiment dans le référentiel national, utilisé pour rattacher entre elles des données issues de sources différentes.
Le RNB remplace-t-il le cadastre ?
Non. Le cadastre décrit les parcelles, le RNB décrit les bâtiments. Les deux se complètent et s'utilisent conjointement.
Le RNB contient-il l'année de construction ?
Le référentiel n'expose pas l'année de construction comme attribut de bâtiment. Cette information doit être recherchée dans d'autres sources, quand elle est disponible.
Peut-on interroger l'API RNB par commune ?
Oui. L'API accepte un périmètre exprimé par un code de commune, une emprise géographique ou une adresse interopérable. Une requête sans périmètre est refusée.